Extrait du grand Evangile de Jean de Jacob Lorber Tome7
CH212,7: Au palais de Cyrénius.
Quand nous arrivâmes aux appartements de Cyrénius et de ses conseillés, ministres et généraux, le Grec fut tout ébahi d’admiration devant tant de luxe et
tant de splendeur, car il n’avait encore jamais rien vu de pareil.
Anastoclès me dit en secret : Ah, maître empli de force
divine, c’est à devenir fou ! Quels trésors, quelles richesses sans nom ! Comment un seul homme peut-il posséder autant, quand des centaines de milliers n’ont presque
rien ?
Je dis : C’est pourtant mieux ainsi ; car si tous les hommes avaient de tels trésors en telle
quantité, tout d’abord, ceux-ci n’auraient plus aucune valeur, et ensuite, les hommes perdraient vite tout zèle au travail et finiraient par se contenter de survivre comme des bêtes
paresseuses ; seules la faim et la soif les pousseraient à agir, et rien d’autre n’aurait plus d’attrait pour eux.
Mais si ces trésors splendides et ces richesses restent entre les mains de quelques hommes avisés, leur rareté leur confère une valeur inestimable pour tous les autres hommes, qui
s’activeront et travailleront afin d’en gagner ne fût-ce qu’une très faible part auprès de ces riches. Et, vois-tu c’est cela qui est bon.
Tu vois certes ici quantité d’or et d’argent massifs et d’innombrables pierres et perles des plus précieuses ; si Cyrénius te donnait une seule de ces
magnifiques perles pour que tu exécutes pour lui une quelconque tâche, tu ferais assurément tous tes efforts pour mériter cette unique perle. Mais si tu possédais déjà autant de perles comme
celles-là tu ne ferais certes aucun effort pour une unique perle et te dirais : Oh, travail qui voudra pour gagner cette perle ! J’en ai assez comme cela !
Tu comprendras peut-être par là qu’il est bon, en ce monde, que de si grandes richesses ne soient jamais qu'entre les mains du plus petit nombre. Le conçois-tu ?
Le Grec : Qui ne comprendrait pas, quand c’est toi qui expliques ? Il est vrai que Cyrénius est un souverain sévère, mais il est aussi juste et bon , et n’oublie jamais ceux qui sont vraiment pauvres, bien qu’il examine toujours soigneusement s’il s’agit d’un vrai pauvre ou seulement, comme c’est souvent le cas, d’un paresseux qui n’a pas de goût au travail. Et puisqu’il est ainsi, il est juste et bon qu’il possède de si grandes richesses .
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