Extrait du SERMON N°13
( Le Sermon du dimanche de la quadragésime.)
« Et Jésus fut tenté par le démon… »
Mathieu IV –
Voyez ! Avant de commencer ma prédication, il m’était nécessaire de soumettre complètement la nature humaine en moi à la nature divine ; je devais vaincre toutes les influences des passions humaines de mon âme, et, en cette lutte j’était simplement un homme, puisque le divin s’était retiré au plus profond de moi.
Je devais donner un exemple à mon monde spirituel, et montrer comment on peut et comment on doit résister à toutes les tentations de la chair, qui cherchent par tous les moyens à arrêter le progrès du spirituel, et de quelle façon les basses tendances dans l’âme peuvent et doivent être combattues et vaincues par celui qui désire devenir mon enfant.
Et pour mieux assujettir mon âme au divin, moi, comme homme, je la soumis au jeûne, jusqu’à ce que la nature revendiquât ses droits que je sentisse la faim. Mais c’est justement par la nature matérielle humaine, avec sa tendance aux choses terrestres, que Satan tente de détourner l’homme de ses aspirations vers le haut, vers le divin, pour l’enchaîner à la matière et à la concupiscence du corps.
Je dus maîtriser cette impulsion matérielle en tout et partout, et rendre manifeste la nécessité qu’à l’homme d’aspirer aux hauteurs spirituelles ; et , bien que j’eusse en moi le pouvoir de me nourrir en tirant moi-même du pain à partir des pierres ou de l’air, je ne procédai pas ainsi ; mais je fis au contraire que la nature spirituelle dominât celle terrestre, lorsque je repoussais Satan dans ses limites avec ses paroles : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Avec cela je voulu dire : Alors que les concupiscences du corps assaillent l’âme, l’homme doit se souvenir que son intérieur spirituel a toujours une plus grande valeur que son corps matériel, et qu’avant tout, c’est cet intérieur qui doit être le premier nourri et éduqué, et, si cela était nécessaire, même aux dépens du second ; et l’avertissement à repousser en vous Satan, c’est pour vous rappeler que vous n’avez pas été créés pour prendre soin seulement de votre corps, mais avant tout pour le perfectionnement de votre âme : but pour lequel vous fûtes placés sur cette terre.
Le triomphe remporté par l’âme sur la matière, fut suffisant pour que soit accordé à la première une surabondance de béatitude.
La seconde tentation On peut comparer cette tentation à celle à laquelle un homme qui, doté de capacités et de connaissances supérieures, ou véritablement de pouvoir divin, serait en mesure de pouvoir accomplir des choses non accordées aux autres, et qui devraient donc apparaître miraculeuses à ces derniers ; un tel homme peut se sentir poussé à abuser de ces qualités pour en faire étalage, au lieu de les employer à un sage usage pour la glorification de Dieu, et au profit du prochain. A cette faiblesse humaine que l’on appelle la VANITE, est donnée la réponse : « Tu ne dois pas tenter le Seigneur ton Dieu ! »
Le Seigneur qui te donna la puissance que tu as, peut te l’enlever quand il veut, au cas où tu voudrais l’utiliser non pour la fin voulue par lui, mais pour tes
propres buts ; car une telle action correspond à l’abus d’un don divin qui n’a pas ses origines dans l’humilité mais dans l’orgueil.
La troisième tentation Le désir du bien-être matériel, puis celui d’être plus que les autres, et de s’acquérir dans la société humaine
une position prééminente et brillante qui peut fournir les moyens de jouir des commodités de la vie, et enfin celui de pouvoir commander au lieu d’obéir, et d’être le premier au lieu du dernier,
de prescrire des lois aux autres et de se considérer soi-même au-dessus de la loi, ce sont là malheureusement les trois puissantes
passions du cœur humain, passions qui sont ensuite le fondement de toutes les autres.
En mon âme humaine, consciente de son propre devoir, triompha de cette troisième tentation de Satan en ma nature, avec l’élévation du regard vers le Père, et avec une pleine résolution, elle termina le combat en criant aux impulsions de la chair : « Va-t-en loin de moi, ô Satan, car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu serviras lui seul ! En d’autres termes : loin de moi cette immonde passion de domination ; ambition qui a sa suite l’orgueil, la haine, la colère, la vengeance et autres semblables passions.
L’esprit de Dieu qui se plaça dans ton cœur, demande humilité, amour, fraternité, pardon ; tu ne dois pas t’élever au-dessus des autres, mais bien, comme l’un parmi les plus petits, tu dois servir les autres ; tu dois apprendre à obéir pour pouvoir un jour commander, et non pas avec des paroles arrogantes et de condamnation, mais bien avec amour et patience, afin que celui qui obéit apprenne à connaître la différence qu’il y a entre l’obéissance servile et celle aimante. En suivant mon exemple et de cette façon, si l’homme sert Dieu, son Seigneur et Père, même dans le tout petit et dans l’infime, il atteint le sommet.
Comme moi-même je dus un jour lutter contre les passions humaines, et les vaincre, passions que moi en tant que créateur je mis expressément en la nature humaine comme contraire spirituel. Vous devez combattre en vous le penchant puissant des voluptés et des plaisirs matériels ; vous devez subordonner tous les plaisirs de ce genre à une fin plus élevée, et vous devez vous libérer des liens qui empêchent le progrès de votre âme.
Vous devez répudier la VANITE, ce monstre trompeur qui veut peindre votre propre image plus belle qu’elle ne l’est vraiment, et qui avec amour trompeur et tolérance jette un voile sur vos défauts, et excuse les penchants de la pire espèce avec une sagesse frelatée ; ce qui fait que souvent vous croyez être bien meilleurs que vous ne l’êtes en réalité ; ce qui naturellement est un grand obstacle qui empêche complètement votre vrai progrès spirituel.
Ne vous fiez pas à ses forces et à des capacités qui ne sont pas vôtre, mais bien seulement d’emprunt ; car il n’y a pas pire chose au monde que d’alimenter toujours la présomption d’être quelque chose de supérieur et de meilleur que les autres.
Soyez obéissant à vos supérieurs, et n’aspirez pas à dominer les autres ; pour dominer et commander, il faut de tout autres qualités que celles qui sont en possession des hommes de la terre, qui veulent dominer son prochain.
Tout ce qui en ce monde se manifeste visiblement comme un mal, n’a rien a à voir avec ma création, puisque c’est un produit des abus des hommes ; eux, en tant qu’entités libres, peuvent faire ce qu’ils veulent, mais toujours dans la limite déterminée ; afin qu’ils n’outrepassent pas les possibilités de la miséricorde. Cependant ils doivent imputer à eux-mêmes les conséquences de leurs actions. Donc : il n’y qu‘une seule et unique vérité ; et pour celui qui se dresse contre elle, il est certain qu’il doit subir les effets du mensonge, qui est un jugement pour lui-même.
Cet évangile vous sert d’exemple, dans le but de montrer à vous, les hommes, et à tous les esprits ; que le mal que je tolère dans le monde, ne doit servir qu’à l’avantage et au progrès spirituel des hommes, puisqu’en combattant le mal on s’élève spirituellement.
Vous ne devez servir que Dieu seul, et ceci avec l’observance de ses lois d’amour qui ont pour but de vous stimuler à combattre les concupiscences de votre chair et les mauvaises propriétés de votre âme, et de façon particulière : la VANITE et l’AMBITION. Ce n’est pas autrement qu’avec l’abnégation, et avec la lutte contre ces forts penchant de votre nature humaine, que vous pouvez atteindre le but ; et un jour dans mon royaume, vous comprendrez ce que veut dire être là préposé à des devoirs élevés, ou bien ce que signifie les mots : « Qui s’humiliera sera élevé ! »
Pour pouvoir trouver la juste mesure, et savoir comment et quand faire usage de sa propre force ; et comprendre quel degré de connaissance est précisément nécessaire pour l’un ou l’autre entreprise ; et pour concevoir que dans l’au-delà si même l’on s’est mis à la tête de quelque chose de grand, néanmoins, on doit servir aussi l’être le plus humble de la création ; et à cette fin, l’homme doit déjà ici en cette vie d ‘épreuve combattre et vaincre de telles passions, pour être ainsi en mesure de les dominer quand on se trouvera pourvu d’une plus grande puissance.
Prenez donc bien à cœur mes paroles.
Vous ne connaissez même pas pour la moitié votre mission, et pas même pour le tiers votre propre nature, et vous ne savez enfin absolument rien de la raison qui fait qu’elle est ainsi créée et pas autrement.
Vous êtes encore affectés considérablement de cécité ; tout au plus une étincelle de mon amour émeut parfois votre cœur, en vous faisant percevoir qu’il y a quelque chose de plus élevé, voici qu’aussitôt s’y allument immédiatement ces trois passions : l’égoïsme, la vanité et l’ambition, qui sont aussitôt prêtes à l’obscurcir de nouveau, en lui chuchotant mille prétextes à l’oreille.
Précisément, maintenant que chaque dimanche vous est lu mon évangile, et qu’il vous est expliqué de façon jamais entendue par vous jusqu’alors ; je voudrais vous contraindre à méditer sur mon incarnation; afin que vous puissiez comprendre, au moins vaguement, la sublimité et l’importance de cet événement
Quand on dit : « Un Dieu, un Créateur de toute l’immensité descendit sur votre terre dans la plus humble des conditions. »
Il se laissa persécuter par vous, créatures égarées et aveugles, comme le pire des délinquants. Il combattit, comme vous devriez le faire vous, toutes les passions humaines, comme un sublime exemple pour tous les temps des temps, et montrer que :
« Si l’on veut me ressembler spirituellement, il est nécessaire de me ressembler d’abord matériellement »
Pour pouvoir ensuite apprécier au maximum les choses spirituelles, et les estimer comme sommet de l’élévation, en leur subordonnant toute autre chose ; et arriver ainsi à se rendre dignes de servir, même à d’autres esprits, de guides et d’éducateurs, et montrer avec les actes, que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais que la part la meilleure en lui se nourrit principalement de nourriture spirituelle.
AMEN !
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