Samedi 26 juillet 2008

Extrait du Grand Evangile de Jean Tome3 de Jacob Lorber

CH10,1 : Des maux engendrés par les besoins matériels.

Le Seigneur : N’avez vous pas entendu parler de l’ancien Eden terrestre, ce lieu où le premier homme fut créé ? L’Eden était un grand jardin, excellemment pourvu des meilleurs fruits de toute la terre ; pourtant, nulle main humaine n’avait pu travailler ce jardin !

Les premiers hommes n’avaient pas d’avantage de maison ni de villes ; ils n’avaient que des besoins fort peu nombreux et faciles à satisfaire, mais n’en demeuraient pas moins en bonne santé et atteignaient un âge très avancé, grâce à quoi ils avaient beaucoup de temps à consacrer à la formation intérieure de leur âme et se trouvaient presque continuellement en relation tangible avec les puissances du ciel.

Mais déjà Caïn, sous l’inspiration de Satan, édifiait pour son fils Hénoc une ville du même nom, posant ainsi la première pierre de tous les maux de la terre.

Je vous le dis : L’homme n’a besoin que de fort peu de chose pour vivre sur cette terre ; mais son arrogance, sa paresse, son orgueil, son égoïsme et son désir de puissance ont des besoins immenses, et ne sont pourtant jamais satisfaits ! D’Adam à Noé, les enfants des montagnes n’ont jamais fait la guerre, parce qu’ils n’avaient que très peu de besoins et qu’aucun d’eux ne désirait être plus que son frère, et les parents jouissaient de leurs enfants de la plus grande considération, parce qu’ils demeuraient toujours pour eux des guides, des maîtres et des conseillers avisés.

Mais dans les plaines, les hommes aveugles par le cÅ“ur et par la raison, commencèrent à parer somptueusement leurs maîtres, leur guides et leurs conseillers, à oindre leurs têtes, à les orner de couronnes, et, pour grandir leur crédit, à leur octroyer toutes sortes de moyens de contrainte et de pouvoir, et il ne fut plus question de vivre avec peu de besoins faciles à satisfaire !

Le luxe est un ventre affamé et jamais rassasié. Sur leur sol étroit, ces hommes superbes et insatiables ne trouvaient plus une nourriture suffisante, et ils commencèrent à se répandre toujours plus loin, déclarant aussitôt leur biens en toute propriété les terres qu’ils occupaient et prenant soin d’y établir aussitôt leur splendeur, ce qui éveillait l’envie et la jalousie, et par là bientôt la discorde, la querelle et la guerre. La raison du plus fort finissait par triompher, et celui-ci régnait alors sur les faibles et les contraignait à travailler pour lui et à lui être soumis en toute chose. Quand à ceux qui résistaient, ils étaient châtiés et contraints à une obéissance inconditionnelle, au besoin par la mort !

Tout cela, voyez-vous, fut sur terre le résultat d’une civilisation superficielle, de l’amour du faste et de l’orgueil qui l’accompagne ! Ainsi, lorsque, dans mon esprit venu des cieux, je veux vous ramener à l'état heureux des premiers hommes et vous montrer les voies depuis longtemps perdues qui mènent au royaume de Dieu, comment pouvez-vous dire que les conditions que j’impose à ceux qui veulent devenir mes disciples sont trop dures et qu’il est presque impossible au commun des mortels de s’y soumettre ! Je vous le dis, le joug que je vous pose sur vos épaules est doux, et le fardeau que je vous demande de porter est léger comme une plume au regard de ce que vous supportez jour après jour.

Comme vos préoccupations s’étendent loin dans le vaste monde ! Vous n’avez de cesse et de repos ni jour ni nuit, et cela uniquement à cause du monde, afin que rien ne vienne diminuer ce que vous imaginez être votre splendeur et votre bien-être, et souvent au prix de la sueur et du sang de vos frères et sÅ“urs plus faibles !

Comment, dans un tel souci, l’âme trouverait-elle encore le temps de faire quoi que ce soit pour éveiller en elle l’esprit de Dieu ? !

Vos âmes et celles de millions d’autres ne savent même plus qu’elles portent en elles l’esprit de Dieu, et encore moins que, eu égard à la quasi infinité de leurs soucis terrestres, elles pourraient avoir avantage à faire quelque chose pour rendre cet esprit libre et indépendant. Mais, par amour du faste et de la bonne vie, vous contraignez l’humanité pauvre et faible à une douloureuse et continuelle servitude, à cause de quoi elle ne peut rien faire elle non plus pour la libération de son esprit, et c’est ainsi que, vous et vos sujets, vous êtes morts et, en véritables enfants de Satan, ne voulez pas entendre Ma Parole qui vous conduit en toute vérité à la vie, mais défendez votre propre parole dont ne peut résulter, pour vous-mêmes et tous ceux qui vous sont soumis, que la mort éternelle.

CH11,2 : De la cause du Déluge.

Je dis : Peut-il exister plus grossière incarnation de l’âme humaine que celle où l’âme non seulement a perdu toute notion de la présence en elle d’un esprit divin, mais a même fini par se perdre elle-même en niant absolument sa propre existence et en refusant d’admettre qu’elle existe ! ?

Oui, quand l’humanité en est arrivée à ce point, c’est que l’homme lui-même a tout à fait cessé d’être homme ; il n’est plus guère alors qu’un animal doté d’une raison instinctive et désormais totalement incapable d’un quelconque progrès de son âme et de son esprit. C’est pourquoi une telle chair doit être tuée et pourrir avec son âme par trop incarnée, afin que, après bien des millénaires peut-être, une âme enfin débarrassée de toute incarnation retrouve la voie de son évolution et de son indépendance, soit de nouveau sur terre, soit sur un autre monde. Quand on en vient au point où l’âme ne se connaît plus elle-même et finit par oublier complètement qu’elle existe, ce qu’elle est et comment elle vit, alors tout est finit ! Dieu n’a plus d’autre recours que de mettre en branle sur le sol terrestre le bon vieux mécanisme de l’anéantissement des corps humains, tantôt en grand, tantôt partiellement, selon l’état des hommes et selon qu’ils se souviennent encore un peu ou plus du tout de leur esprit et de leur âme.

Par estaran - Publié dans : Lorber - Communauté : Partage
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