Extrait de "Le Royaume des enfants dans l'au-delà " de jacob
lorber
La saine école de la vie
1 : Il n’est naturellement pas question ici d’exposer entièrement l’histoire de la création de l’homme ainsi que son histoire jusqu’aux temps contemporains. Nous aurons simplement un aperçu
des méthodes utilisées pour enseigner tout cela à nos petits élèves.
2 : Il vous suffira d’admettre qu’ici, dans le royaume des purs esprits ; tout est organisé de manière adaptée à ces êtres, infiniment plus sage et intelligente pour atteindre le but souhaitable, que ce n’est le cas chez vous sur la terre. Et ceci pour la raison très simple qu’ici on ne commence pas à compter depuis le 1 en allant jusqu’à l’infini, ou, ce qui revient au même, on ne va pas ici de l’intérieur vers l’extérieur, mais de l’extérieur vers l’intérieur, ce qui serait évidemment aussi la méthode la plus rationnelle sur la terre si les hommes n’étaient pas aussi vaniteux, déraisonnables et sots.
3 : Mais comme, sur la terre, les hommes tendent vers les choses les plus frivoles et vaines ; ils ne font confiance et ne croient au Seigneur qu’aussi longtemps ( notez le bien : d’après la meilleure opinion humaine ) qu’ils ne subissent pas de dommage corporel. Que la moindre tentation survienne, et ils retombent aussitôt dans leur ancien doute et se jettent dans les bras d’un monde très peu secourable et profitable, au lieu de s’en remettre au Seigneur. C’est ainsi donc, que sont fait les meilleurs des hommes, et il en résulte que leur esprit est entièrement tourné vers l’extérieur et non pas vers l’intérieur.
4 : Et là où la foi, la confiance et l’amour pour le Seigneur sont si peu cultivés, on ne peut pas s’attendre à une formation spirituelle se rapprochant un tant soit peu de celle qui est dispensée ici, et qui permet de progresser en une minute plus qu‘en vingt ans, parfois même cent ans si la vie humaine était aussi longue, sur terre.
5 : Néanmoins tous les hommes sont appelés à bénéficier de cette méthode, la seule qui soit rationnelle. Mais ils laissent de coté la sainte école de la vie durant, à des connaissances inutiles de la vie inanimée et des rapports qu’elle suscite. Et lorsqu’ils se demandent, vers la fin de leur vie : Qu’avons-nous atteint d’important et de grand par nos pénibles études ?, leur intuition leur répond : nous n’avons même pas réussi à savoir maintenant, au moment le plus important de notre existence, si notre vie a finalement un sens, et nous ignorons si nous devons attendre une vie après la mort ou non.
6 : Les cieux, l’enfer et le monde des esprits ne sont-ils que des fables inventées par les paresseuses grenouilles de bénitier, ou y a-t-il quelque chose de vrai dans tout cela ? Et s’il n’y a rien, qu’allons-nous devenir et que se passera-t-il ? Et si c’est vrai, comment ferons-nous, où irons-nous : vers le haut ou vers le bas ?
7 : Voyez : voilà les fruits de la science extérieure du monde. On dira bien : si ce sont là les résultats du savoir, quel fruits porteront les hommes qui grandissent, à la ville comme à la campagne, pourvus d’aussi peu de raison que le bétail sur le pré ou les animaux de la forêt ? Et je répondrai ce que le Seigneur lui-même a dit :
8 :
Celui qui n’a pas connu une seconde naissance selon l’esprit, n’entrera pas dans le royaume des cieux ou la vie éternelle.
9 : Pour atteindre cette renaissance selon l’esprit, il est indispensable de suivre toutes les classes de la sainte école de la vie que le grand et saint Seigneur de toute vie a instituées lui-même, et dont il a prêché l’enseignement qui a reçu le sceau de son sang.
10 : Celui qui refuse de faire de cet enseignement l’instrument de son évolution, comme cela a été prescrit, n’a qu’à s’en prendre à lui-même s’il est déchu du droit à la vie de l’esprit.
11 : Mais ce qui est certain, c’est que chaque propriétaire, même le plus simple, d’un bien, quel qu’il soit, doit savoir et ne peut manquer de savoir qu’il possède un certain bien, ce qu’est ce bien et quelle valeur il a.
12 : Et si quelqu’un veut lui disputer ce bien, il lui fera un méchant procès. Pourquoi ? Parce qu’il sait exactement ce qu’il possède en étant le véritable propriétaire.
13 : Mais si, à côté de cela, quelqu’un possède la vie éternelle par l’esprit, dites-moi : se posera-t-il seulement la question si son âme et son esprit périront avec son corps ou non ? Celui qui demande : quoi, d’où et vers où ? ne possède certainement pas la vie éternelle, mais n’est que serviteur rétribué du monde ; et il craint par-dessus tout de perdre la vie de son corps. Pourquoi ? Parce qu’il ne connaît pas d’autre vie.
14 : Par contre ceux qui se trouvent ici et qui furent auparavant de véritables élèves de l’école de la vie éternelle du seigneur, méprisaient la mort corporelle et attendaient dans la joie et la béatitude la dissolution complète des lourds liens extérieurs les rattachant au monde. Ils étaient les témoins de l’école de vie émanant du seigneur, en tant que Martyrs répandant leur sang.
15 : Cherchez les martyrs à l’époque actuelle ! Il existe bien, ici et là , de braves défenseurs de l’enseignement du christ, le Seigneur. Mais ils ressemblent aux poules perchées sur un arbre, qui se moquent du renard gambadant sous elles parce que leur instinct leur dit que leur ennemi ne peut pas les attraper. Mais que le renard survienne lorsqu'elles sont sur terre, il n’est plus question de railler l’ennemi, et la crainte de mourir pousse nos braves héros emplumés à fuir en vitesse.
16 : Il en va de même de la foi, de nos jours. Aussi longtemps que quelqu’un dans n’importe quel coin du monde, se sait en sécurité devant les grands assoiffés de pouvoir et de possessions aux doigts crochus, il parle comme Moïse sur le Sinaï. Mais dès que ces grands et puissants amis du monde sont sur les traces de notre Moïse et font mine de le traiter à la manière désagréable du monde, notre prédicateur de la vérité regarde autour de lui, espérant découvrir une petite porte de sortie pour s’échapper. Et, s’il n’y a pas d’issue, ces prophètes menacés par la sévère épreuve selon le monde pendront les mêmes dispositions courageuses qu’avait prises le savant
( d’après vos notions terrestres ) astronome Copernic, lorsqu’il aperçu le bûcher en Espagne, aux temps peu louables de l’inquisition, où ils préférèrent brûler des enseignements transmis par le Seigneur lui-même plutôt que de subir eux-mêmes cet inconvénient.
17 : Néanmoins ce sont encore et toujours des hommes dignes de louanges et d’estime, car en eux-mêmes ils sont persuadé de ce qui est la vérité, seulement ils n’ont pas le courage de témoigner ouvertement pour elle.
18 : Le Seigneur a dit, il est vrai : celui qui me reconnaîtra devant le monde, je le reconnaîtrai aussi devant Mon Père. Autrement dit : Celui qui m’accueille dans son âme, en esprit et en vérité, témoignera également pour moi dans la plénitude de la force et de la vérité qui l’habite, devant le monde ; et pour cela je le reconnaîtrai à mon tour dans la plénitude de mon amour paternel.
19 : Exprimé de cette manière, il en ressort ce que dit aussi cette parole du seigneur : beaucoup sont appelés mais peu sont élus ; ou, dit plus clairement : beaucoup atteindront la vie éternelle dans l’au-delà , mais à très peu échoira le grand bonheur d’être reçus comme enfants dans la véritable maison du Père. Car obtenir cette grâce demande de la violence et ceux qui ne s’en empareront pas par la violence ne l’obtiendront pas.
20 : Mais d’un autre côté il est dit aussi : mon joug est doux et mon fardeau léger. Ce passage consolera ceux qui ont recueilli la vérité en eux, bien que mêlée à beaucoup de choses du monde, ce qui les prive de la volonté d’en témoigner ouvertement. Ceux-là portent effectivement, par la vie éternelle qui les habitent, un joug doux et un léger fardeau. Mais les rares êtres qui ont banni de leur âme tout ce qui est du monde, sont envahis par l’esprit qui leur donne la volonté et la force leur permettant de ne plus craindre quoi que ce soit ; ils confessent la vérité éternellement vivante et attirent ainsi à eux la maison du père par la violence de leur foi et de leur amour pour le Seigneur.
21 : Voilà ce qui peut, le mieux vous faire comprendre ce qui précède : Un père de famille quelconque, possédant une propriété à la campagne, a avec lui, à côté de ses enfants, de très bons serviteurs bien intentionnés. Lorsque des voleurs et des bandits investissent la maison, ces derniers se cachent, morts de peur, tandis que les fils adultes déploient toutes leurs forces pour saisir les malfaiteurs, protégeant ainsi la vie de leurs père et mère par leur courage et leur force.
22 : Peut-on dire que les serviteurs sont mauvais pour s’être cachés ? Non certes, mais ils sont des êtres faibles, peu concernés, et manquant de courage par conséquent. Tandis que les enfants portent en eux la vie du Père, et rien ne peut être plus saint à leur yeux. Néanmoins, les serviteurs qui se sont enfuis méritent-ils une récompense ? Il me semble que point n’est besoin d’être juriste pour admettre que le fait de craindre et de se cacher n’attire aucune récompense.
23 : La même constatation ressort également de cette parole de vie : celui qui sèmera beaucoup récoltera beaucoup aussi, et celui qui sèmera peu récoltera peu.
24 : Je pense que, de ce qui précède, il n’est pas difficile de comprendre que les hommes n’ont pas attiré à profusion la vie éternelle en eux sur le chemin de leurs écoles du monde actuelles, et les semailles extrêmement pauvres auront pour conséquence une récolte très maigre.
25 : Voilà pourquoi, obéissant à la volonté de Dieu, je vous montre les écoles vivantes des petits enfants dans le soleil, afin que vous les preniez en exemple et fondiez également sur la terre de telles écoles de la vie ! Mais nous voici maintenant dans la salle où nous allons assister à la création de l’homme et la suite de son histoire terrestre, ainsi qu’à son évolution spirituelle.
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