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Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /2008 12:27

De la crainte de la mort

Le Grand Évangile de Jean, IV/127 (1-3, 6-8)

(Le Seigneur :) « La naissance d'une chose, d'un être et plus encore d'un homme a assurément toujours en soi quelque chose de réjouissant, alors que leur disparition apparente et leur dissolution, surtout celle d'un être humain, a toujours au contraire en soi quelque chose de triste, que tout coeur humain ressent avec une certaine mélancolie. 172

Cependant, Je vous le demande, pourquoi en est-il ainsi, alors que les hommes ont encore quelque foi dans l'immortalité de leur âme ?! La cause en est plus profonde que vous ne pouvez le penser. Cette tristesse naît tout d'abord de la peur de la mort, et ensuite de bien d'autres causes que Je ne peux et ne dois cependant pas toutes vous exposer cette fois-ci, afin de ne pas vous embrouiller en passant d'une chose à l'autre.

Lorsqu'une âme s'est pleinement régénérée et agit désormais tout entière selon la vraie vie, tout chagrin et toute vaine crainte de mourir ou de disparaître s'est bien sûr évanouie en elle: mais chez les hommes dont l'âme n'a pas encore atteint le degré nécessaire d'accomplissement de la vie intérieure, il demeure toujours quelque chose de la tristesse causée par la mort du prochain et de la crainte de la mort pour eux-mêmes, crainte dont ils ne seront complètement délivrés en ce monde que lorsque leur âme aura grandi en esprit et que l'esprit aura grandi en elle...

Cependant, de même que l'âme paresseuse porte en elle une grande crainte de toute activité sérieuse et continue, de même la crainte de la mort, voire de quelque maladie tant soit peu dangereuse, est toujours présente dans cette âme et naît de la même source.

Vous avez sans doute eu assez souvent l'occasion vous-mêmes de constater que les hommes vraiment travailleurs étaient loin d'avoir aussi peur de la mort que ceux qui fuient le travail, mais n'en aiment que plus mener la bonne vie: et cette peur subsiste tant que ces âmes ne se mettent pas au travail sérieusement.

Vous pensez bien sûr que cette crainte n'est qu'un effet de l'incertitude sur ce qu'est l'au-delà. Mais Je vous le dis à tous: il n'en est rien! Cette incertitude n'est elle-même qu'une conséquence de l'aversion pour l'activité profondément enracinée dans l'âme, et comme l'âme a le pressentiment secret que son existence future, après la perte de son corps, sera extrêmement active, cela la désespère et elle entre dans une sorte de fébrilité d'où naît alors une sorte d'incertitude concernant sa survie dans l'au-delà.»

Le Grand Évangile de Jean, VI/133 (6-7)

Le Seigneur: «Le signe le plus sûr qu'une âme a atteint cette autonomie de la vie est le fait qu'elle connaît Dieu, et même L'aime de toutes ses forces. Car, tant qu'une âme ne reconnaît pas Dieu en tant qu'être en quelque sorte extérieur à elle, elle est comme aveugle et muette et ne peut s'affranchir de l'empire de la toute-puissance divine, et ce n'est qu'au prix d'un dur combat qu'elle se libérera finalement de cette entrave. Mais dès qu'une âme commence à identifier le vrai Dieu comme extérieur à elle et, par le sentiment d'amour qu'elle conçoit pour Lui, à Le percevoir véritablement comme une réalité, elle est libérée des liens de la toute-puissance divine et s'appartient désormais toujours plus à elle-même, devenant ainsi créatrice de sa propre existence, et par-là librement amie de Dieu pour l'éternité.

Et s'il en est ainsi, l'être en soi ne perd rien en vérité lorsque, pour pouvoir atteindre plus vite sa destination finale, il perd un corps devenu inutilisable.»

Le Grand Évangile de Jean, V/133 (7-8)

Le Seigneur: « Bien sûr, il vous faudra aussi pour cela cette grande résolution qui ne craint pas la mort du corps: mais comment pourrait-on craindre la mort du corps, lorsqu'on porte en soi la clarté suprême de la vie éternelle, que l'on est devenu parfaitement maître de la 173

vie que l'on porte en soi, et que l'on sait fort bien, tout d'abord, que ceux qui peuvent assurément tuer le corps ne pourront jamais faire de même avec l'âme et son esprit de vie éternel, ensuite qu'en perdant ce corps pesant, l'âme fait pour l'éternité un gain inestimable, qui vaut infiniment plus que tous les trésors de cette terre!

Celui qui perçoit une telle chose avec la plus grande clarté et au plus profond de lui-même peut-il encore craindre la mort de son corps ?! S'il la redoutait encore tant soit peu, il serait pareil à un fou qui se mettrait à pleurer parce qu'on le délivrerait de la camisole de force et qu'on lui ferait revêtir à la place la robe de lumière et de liberté suprêmes de la vie éternelle, qui ne connaît plus aucune contrainte! C'est là une chose inconcevable, et c'est pourquoi vous aussi, le moment venu, vous ne manquerez assurément pas du courage nécessaire.»

Le Grand Évangile de Jean, VI/68 (1-4)

(Le Seigneur:) «Pourquoi des hommes tels que tu l'étais jusqu'à présent n'ont pu parvenir à une conscience certaine de la survie de l'âme après la mort du corps, Je viens de te le montrer et tu l'as sans doute compris; mais la crainte de la mort du corps ne réside pas tant dans cette incertitude de la survie de l'âme que dans l'amour du monde et de soi-même. Ces deux sortes d'amour font que l'âme se confond toujours plus avec sa chair, et par-là fait sans cesse davantage sien le sentiment de la mort et de la fin des choses, ce qui l'entraîne nécessairement dans toutes sortes de craintes et d'angoisses.

Vois-tu, les premiers ancêtres des hommes de cette terre non seulement ne redoutaient pas la mort du corps, mais souvent même y aspiraient, afin d'être délivrés d'un corps devenu vieux et fragile! Parce que leur mode de vie était agréable à Dieu, ils avaient par moments des visions clairvoyantes de l'au-delà, et cela leur avait donné une conscience claire et authentique de la vie de l'âme après la mort du corps.

Mais aujourd'hui, la foi en Dieu a presque entièrement disparu chez les hommes! D'où leur viendrait donc cette claire conscience de ce qu'est la vie de l'âme après la mort du corps ?! Je te le dis, quand le doute sur le fondement même de toute vie est quasi universel, il ne faut pas s'étonner que les hommes doutent si fort de la survie de leur âme.»

Le Grand Évangile de Jean, XI/30 (9-18)

Le Seigneur et ses disciples sont chez Raël, un pieux Israélite âgé de plus de 120 ans:

"Quand nous fûmes seuls, Raël Me dit: « Seigneur et Maître, je suis un pécheur et ne suis pas digne que Ton pied sanctifie ma maison: mais je sais aussi que Ta miséricorde est infinie, et c'est pourquoi Tu me pardonneras sans doute, si je T'en prie du fond du coeur, toutes les folies commises dans ma vie passée. Aussi, je T'en prie, Seigneur mon Dieu: ne regarde pas mes grandes faiblesses passées, pardonne-moi tous les péchés que j'ai pu commettre jusqu'ici, sciemment ou à mon insu! »

Je dis: « Tous tes péchés, Raël, t'ont été pardonnés depuis longtemps car Je ne suis pas le Dieu de la punition, mais celui de l'amour. Comment pourrais-Je vouloir punir une quelconque faute, quand un homme M'adresse une prière comme la tienne, et le fait avec autant de gravité?! Je suis venu à ce monde pour détruire le grand fardeau des péchés dont les hommes se sont chargés dans leur aveuglement, et pour leur ouvrir la voie de la félicité suprême. 174

Ne t'inquiète donc plus de tes péchés, qui remontent d'ailleurs pour la plupart à une époque lointaine, car ces mauvaises actions, qui te suivront à ton trépas comme les bonnes, seront consumées par Mon amour! À présent, dis-Moi ce qui te pèse encore: car tu as une demande particulière à cause de quoi tu voulais Me parler en secret.»

Raël: «Seigneur et Maître, je Te rends grâce du plus profond du coeur de ces paroles! Je n'en suis donc que plus rempli du désir qui m'animait depuis que je T'ai vu. Voici: je suis vieux, mon corps est vermoulu et plus guère propice à abriter une âme. Seul l'espoir de voir encore de mon vivant l'Elu de Dieu a fait tenir debout jusqu’ici cette poussière fatiguée: mais puisque cet espoir s'est accompli, je T'en prie, Seigneur et Père, permets à Ton Serviteur de partir en paix au tombeau, afin qu'il devienne dans Ton royaume qu'à présent j'ai vu de mes yeux de chair - un meilleur instrument qu'il ne pourrait l'être encore dans cette vie! Si je pouvais quitter ce monde sous Tes yeux, je serais assuré de ne pas sentir le goût de la mort et d'entrer paisiblement dans le royaume que Tu nous as promis.»

Je dis: «Raël, il y a bien longtemps que tu gardais ce voeu dans ton coeur, et tu devais le formuler afin de délivrer encore ton âme de ce dernier fardeau. Les autres, qui dorment à présent, ne sont pas encore murs, loin de là, pour entendre ce que tu dois maintenant savoir.

Qu'est-ce donc que la mort de l'homme ? Rien d'autre que la chute d'un fruit mur qui se détache de l'arbre et, lorsqu'il est assez mûr le fruit tombe de lui-même. Ainsi l'âme parvenue à maturité se détache-t-elle sans effort de son corps comme d'une branche, lorsque l'être intérieur de l'homme est assez purifié pour ressembler à un fruit mûr. Et, chez un homme qui a vécu selon Ma volonté, cet instant arrivera sûrement de telle façon que, même loin de Ma présence, il passe sans aucune souffrance, et même avec un sentiment de très grande joie, de la vie terrestre à la vie spirituelle.

Or, sans précisément tenir à cette vie, tu éprouves pourtant une sorte d'inquiétude devant cet instant, et il te semble que, fortifié par Ma présence, tu franchirais plus facilement ce passage pour toi inquiétant. Mais, Je te le dis, même cette faiblesse humaine bien pardonnable, tu dois désormais t'en défaire, afin que la foi qui t'a conservé en vie jusqu'ici et t'a permis d'atteindre cet âge avancé soit pleinement fortifiée: car la foi en Moi doit être le meilleur et le seul moyen de vaincre toutes les terreurs menaçantes de la mort.

Lorsqu’un homme a une vraie foi, le jour où Je lui soufflerai qu'il est temps pour lui, parce qu'il a fait son temps sur cette terre, de se libérer des liens de la chair, Je lui donnerai aussi la force de rompre lui-même ses chaînes, et il s'endormira doucement et paisiblement sous les yeux des siens.

C’est là la mort telle qu'elle devrait être, mais ce n'est que très rarement le cas, parce que les hommes craignent plus que tout le moment du trépas, et parce qu'ils provoquent ce trépas non par un épuisement naturel, mis par la destruction violente de leur machine corporelle. Et leur vie dissolue est aussi la cause d’innombrables maladies qui ne devraient être pour rien dans la mort elle-même car ce ne sont pas elles qui devraient causer le trépas, mais seulement la pleine maturité de l'âme.

Aussi. Mon cher Raël, ne crois pas que Je veuille M'opposer à ton voeu si Je te dis ceci: vis encore un peu de temps, et ne considère pas cela comme une punition, mais exerce-toi à détruire ce dernier reste de dépendance terrestre, afin d'être en union avec Moi le jour ou tu entreras dans Mon royaume.»"

Par estaran - Publié dans : VIEILLESSE ET MORT - Communauté : Tout est chemins
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