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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 13:16

 



Terre et Lune de Jacob Lorber

 
La Lune 3

- 3 -

En ce qui concerne les animaux qui vivent sur la Lune, comme il a été fait observer au commencement, il y en a, comme sur la Terre, de nombreuses classes et espèces tant dans l'air que sur le sol lunaire et dans les eaux. De tous ces animaux, il n'y a qu'une seule espèce qui soit domestique, et que nous pourrons, selon votre langage terrestre, appeler: la brebis lunaire; toutes les autres espèces ne sont pas domestiques, c'est-à-dire, qu'elles sont bien en compagnie de l'homme mais qu'elles ne lui sont utiles en rien. Cette brebis est pour les habitants de la Lune, ainsi que nous l'avons déjà dit, ce qu'est le renne pour vos populations nordiques. Sa silhouette est la suivante : Le corps est parfaitement cylindrique, comme un sac rempli de farine; ce corps est soutenu par quatre pattes qui ne sont pas plus longues qu'un empan, et elles sont pourvues chacune d'un sabot. La tête est tout à fait semblable à celle de la brebis terrestre, et repose sur un cou long d’un bras et large d'un quart. La brebis des sélénites a deux longues oreilles semblables à celles de l'âne; sur le sommet de la tête elle ne porte qu'une seule corne qui est pourvue dans toutes les directions de ramifications très pointues et longues d'un doigt. En outre, elle a une queue qui, à la manière du lion, se termine avec une abondante touffe de poil. Sa couleur est blanche, et comme vos brebis, elle est recouverte de laine sur toutes les parties de son corps. Eh bien, en quoi consiste son utilité ? Cet animal a pour l'habitant de la Lune la plus grande valeur car, en premier lieu, elle le nourrit avec son lait abondant et de couleur dorée ; en second lieu, le sélénite tire de son épaisse laine tous ses vêtements, qui consistent en une sorte de chemise et de manteau, et ce sont les mêmes aussi bien pour l'homme que pour la femme; en troisième lieu, cet animal défriche le terrain avec sa corne, et les hommes jettent ensuite les semences de leurs plantes à racines qui, comme on l'a déjà dit, arrivent à complète maturation dans le court espace de quatorze de vos jours terrestres. Un semblable animal atteint souvent l'âge de trois cents jours lunaires, et quand il meurt, on lui enlève la peau que l'on fait ensuite servir de grabat dans les chambres souterraines; par contre, la chair est traînée là où il y a quelques colonies d'un insecte spécial assez semblable à vos fourmis, ces insectes dévorent en peu de temps la chair jusqu'à l'os. Quand cette opération est finie, les hommes reviennent sur place et recueillent les os ainsi que la corne, qui servent de matériau pour la fabrication des outils qui leur sont nécessaires. C'est là tout ce que ces hommes tirent d'utile de cet animal domestique.

Sur le sol lunaire il y a encore une quantité d'autres animaux, qui ont plus ou moins de ressemblance avec les animaux terrestres; seulement ils sont tous plus petits que les animaux de votre Terre, et aussi sans exception plus petits que les brebis que vous connaissez déjà, qui sur la Lune représente à peu près partout le roi des animaux. De tous les animaux lunaires, deux particulièrement sont à noter à côté de la brebis, à savoir : *Le singe grande gueule* qui a trois pattes, et *Le monopied sauteur qui se pelotonne*. Le singe grande gueule à trois pattes a la taille d'un chat; sa tête ressemble à celle d'un singe terrestre avec la seule différence que la bouche s'ouvre jusqu'à la moitié du cou. Les deux pattes antérieures sont parfaitement égales à celles d'un singe; mais en ce qui concerne son unique patte postérieure, celle-ci est semblable à une trompe d'éléphant, et peut être contractée jusqu'à un empan de longueur en devenant ainsi entièrement extrêmement grosse par rapport au corps de l’animal; mais par contre elle peut aussi s’allonger jusqu'à trois toises.

Certes, vous serez tentés de demander: Et pourquoi fut-il donné à cet animal une structure aussi étrange ? L'énigme ne sera d'ailleurs pas difficile à résoudre. Voilà: Vous savez que la température sur la Lune est totalement différente de celle sur la Terre; c'est pourquoi pendant le cours d'environ vingt-huit jours terrestres le sol lunaire est recouvert de neige d'une hauteur de plus d’une toise, et aussitôt ensuite, durant les sept jours suivants il est inondé souvent dans toutes les directions, période que suit immédiatement une chaleur insupportable.

Eh bien, cet animal, par la fonction qu'il est appelé à remplir, doit se trouver constamment avec la tête à l'intérieur de la couche atmosphérique, et c'est pourquoi il a besoin de cette patte en forme de trompe; car, dans la période de la nuit, ou de l'hiver, il se tient appuyé sur sa patte allongée, émergeant de la neige avec sa tête, et là il attire une espèce d'oiseaux nocturnes ressemblant assez à des petites chauves-souris terrestres; il les saisit avec la bouche, ou mieux, il les laissent voler dans sa gueule complètement ouverte, leur soufflant ainsi une bienfaisante et séduisante tiédeur, puis il en fait sa proie. Vous voyez, cela est aussi en même temps un des services qu'est appelée à rendre la longue patte mentionnée. Mais quand la neige commence à fondre et que l'eau vient à recouvrir, souvent sur plusieurs pieds de hauteur, les plaines s'étendent sur de nombreux milles, plaines qui aussi en la partie habitée du corps lunaire sont entourées d'une série de hautes montagnes annulaires, alors cet animal doit se servir uniquement de sa patte postérieure allongée pour pouvoir rester avec la tète au-dessus du niveau de l'eau, évitant ainsi de périr noyé. A l'époque des chaleurs diurnes par contre il se retire en quelque fleuve, et là souventefois pendant plusieurs jours de suite, plongé dans

 

 

 

l'eau, il se maintient ainsi la tête et les deux pattes antérieures hors de l'élément liquide; si l'eau monte, il allonge la patte postérieure, si par contre elle baisse, il contracte cette patte en proportion; et si, comme il arrive souvent, le fleuve s'assèche complètement, alors l'animal se pousse en avant en tendant et en allongeant le plus possible la patte postérieure; puis il s'agrippe avec ses petites pattes antérieures à une quelconque saillie du terrain jusqu'à ce qu'il ait contracté entièrement sa patte à trompe, après quoi en appuyant à nouveau sur le sol les quatre longs doigts dont est pourvue l'extrémité de la patte postérieure, de nouveau il l'allonge en avançant avec le corps, se mouvant ainsi avec une certaine rapidité. L'animal répète ce mouvement jusqu'à ce qu'il ait atteint un autre cours d'eau, où il s'établit en plantant avec force la patte postérieure de le manière déjà décrite. Sa nourriture durant la période diurne consiste en une espèce de petites écrevisses volantes, qui ont quelque ressemblance avec les insectes que vous appelez *cerfs-volants*.

Pour ce qui concerne celui qu'on appelle *Le pelotonnant* ou *Le sauteur* qui a une seule jambe, cet animal n'est autre qu'une sous-espèce de notre désormais bien connu *singe grande gueule*, sinon que son corps est de bien loin plus élastique que la patte postérieure du singe susmentionné, et pour cette raison aussi il se déplace par bond. Son nom de *Pelotonnant*, il le doit à la propriété qu'il a de pouvoir contracter son propre corps de manière telle, au point de ressembler en cet état à une miche de pain de moyenne grandeur posée sur le sol; quand par contre il veut faire un bond, il se détend soudain jusqu'à une longueur de cinq brasses. Par l'effet de cette soudaine détente du corps, il s'élance à une hauteur de deux à trois toises, et précisément toujours en déployant une courbe, de manière que l'étendue d'un semblable saut atteint bien souvent six et même sept toises. Cet animal effectue ses bonds souvent en séries très rapides, et il peut atteindre particulièrement de jour une telle rapidité qu'il peut dépasser celle de n'importe quel oiseau. Sa nourriture est la même que celle du singe grande-gueule, et il en est de même pour sa demeure; donc ces animaux en même temps que beaucoup d'autres, habitent seulement les plaines et ne sont qu'en de très rares occasions seulement, en contact avec les hommes, étant donné que ceux-ci n'habitent que sur les montagnes. Cependant sur les montagnes, outre la brebis bien connue et les insectes ressemblant à des fourmis, on ne trouve qu'une quantité considérable de petits oiseaux, dont la taille s'approche à grand-peine de celle de vos moineaux; mais les plus petits sont au maximum un peu plus grands que vos mouches.

Les eaux sont également peuplées de très nombreuses espèces de poissons, de vers et particulièrement d'écrevisses, dont nous avons déjà fait mention auparavant en parlant des écrevisses volantes; il existe aussi des crustacés comme dans les mers de la Terre. Parmi les crustacés, il faut noter en particulier celui qui est appelé *La balle bleue*; cet animal ne trouve aucun pendant dans la faune terrestre. Cette *Balle bleue* est ainsi constituée qu'elle peut se diviser en deux hémisphères qui restent unis entre eux au moyen de petits faisceaux musculaires. L'animal se nourrit, du fait qu'il écrase entre ses deux hémisphères les vers qui s'y aventurent, et il en suce et en assimile l'humeur, tandis que l'eau se charge de balayer au loin les larves. Cette *Balle bleue* qui a le taille d'un gros melon, a en outre la propriété que durant la période de nuit il émane de sa surface une clarté si intense que les fleuves et les lacs acquièrent une splendeur beaucoup plus grande que celle de la mer terrestre sous les tropiques; car peut-être ne savez-vous pas encore que dans les régions des tropiques terrestres la mer reluit tout autant que dans votre pays la neige quand c'est la pleine lune.

Tous les autres animaux de la Lune ne pourraient être pour vous que d'un très rare intérêt, étant donné qu'en premier lieu, ils ont tous plus ou moins d'affinité avec les animaux terrestres, avec la seule différence qu'ils sont de proportions beaucoup plus petites; et en second lieu pour la raison que pour l'heure il ne vous est pas possible d'en comprendre la destination spirituelle; mais si même vous pouviez la comprendre, cela serait pour vous d'aussi peu d'utilité que la neige tombée sur la Terre mille ans avant Adam.

Par estaran - Publié dans : SCIENCES NATURELLES - Communauté : Association
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